barometre centre inffo

Réalisé en janvier 2022 auprès de 1 600 actifs français en partenariat avec l’institut d’études CSA, le baromètre de la formation et de l’emploi de Centre Inffo a pour objectif de connaître leur opinion à l’égard de l’orientation et de la formation professionnelle en France, mais aussi leur perception relative à l’accompagnement, au CPF et aux perspectives de reconversion professionnelle, auxquelles ils sont ou seraient susceptibles d’être confrontés. Vous trouverez les principaux enseignements ci-dessous.

 

Regard général sur le parcours professionnel et le sentiment d’évolution

Depuis mars 2020, les Français ont connu de nombreux bouleversements notamment, dans la sphère professionnelle, bousculée par la crise sanitaire liée au Covid-19 : télétravail, chômage partiel, secteurs à l’arrêt pendant plusieurs mois, professions dites « non-essentielles » … et qui ont amené les actifs à s’interroger sur leur propre parcours, leur situation actuelle et leurs attentes pour le futur.

Les actifs français gardent un niveau de confiance solide en leur avenir professionnel (69 % se disent confiants, +1 point en 1 an, dont 15 % très confiants), mais ne retrouvent toujours pas le niveau d’avant crise sanitaire (75 % en février 2020).

Cette situation exceptionnelle a remis en cause la relation des actifs à leur situation professionnelle sur plusieurs dimensions, et a notamment bousculé les pratiques avec des métiers et des compétences obligées d’évoluer rapidement pour s’adapter : la part de ceux déclarant que leur métier évolue très vite reste stable en 2022 (41 %) après une augmentation de 9 points en 2021 (passant de 33 % à 42 %). De plus, près d’un actif sur deux pense faire le même métier, mais pas forcément de la même manière d’ici 5 ans (46 % ; – 2 points). In fine, la moitié des actifs pensent changer d’emploi à plus ou moins long terme (51 % ; + 2 points) dont un tiers (35 % ; +2 points) d’ici 2 ans.

 

Les français et la connaissance des dispositifs d’aide à la formation professionnelle

Si les actifs français se sentent au cœur du processus de formation, et souhaitent en être les acteurs, la moitié estime tout de même être mal informée sur le sujet, ce sentiment étant en légère baisse (50 % ; -5 points) bien qu’il soit inégal selon l’âge (de 39 % pour les 18-24 ans jusqu’à 55 % pour les 50-64 ans).

Dans le détail, une majorité estime être bien informée sur le compte personnel de formation (53 % ; +5 points) et les droits en matière de formation (52 % ; +7 points).

Les autres dispositifs de formation sont également plus connus en 2022 avec, en tête, l’apprentissage (91 % ; +3 points) et le bilan de compétences (89 % ; +2 points). C’est également le cas pour ceux qui restent les plus étrangers aux actifs : Pro-A (38 % ; +5 points) et Cléa (35 % ; +6 points).

Concernant l’accompagnement proposé en France pour aider à évoluer professionnellement ou à choisir sa formation, les actifs se montrent assez critiques et en voudraient plus. En effet, seuls 44 % des actifs considèrent que l’accompagnement proposé en France pour aider à évoluer professionnellement est développé contre 56 % d’avis contraires. Le constat est similaire lorsque l’on s’intéresse à l’accompagnement pour aider les actifs à choisir une formation (43 % vs. 57 %).

Ainsi, lorsqu’on leur parle du conseil en évolution professionnelle (CEP), plus de la moitié des actifs se montrent intéressés par ce dispositif (57 %), notamment ceux qui envisagent de changer d’emploi (76 %), de faire une reconversion professionnelle (75 %) ou encore les 25-34 ans (68 %), alors que seulement 6 % ont déjà bénéficié de ce CEP (11 % chez les chômeurs).

Quid de la Reconversion Professionnelle ?

 

Depuis mars 2020, beaucoup d’actifs ont vécu des situations inédites sur le plan professionnel et le sujet de la reconversion à l’aune de ces bouleversements prend de plus en plus d’ampleur. Ainsi, un actif sur cinq est actuellement en train de préparer une reconversion professionnelle (21 % ; +1 point), d’autant plus chez les jeunes (35 % des 18-34 ans) et parmi les personnes sans emploi (38 %).

Au final, les personnes qui sont en reconversion et celles qui envisagent une reconversion professionnelle représentent 47 % des actifs français (stable en 1 an) qui ont pour principale motivation une volonté de se rapprocher de leurs valeurs et de vivre davantage de leurs passions (86 %, stable). Dans ces parcours de reconversion, 62 % des personnes sont accompagnées ou conseillées (stable), notamment les personnes qui sont actuellement en reconversion (78 % vs 48 % pour les personnes qui envisagent une reconversion). Enfin, pour 2 actifs sur 3 en reconversion ou qui envisagent d’en faire une, la reconversion passe par une formation spécifique (65 % ; +8 points : 83 % chez ceux qui sont actuellement en reconversion vs. 50 % pour ceux qui en expriment seulement la volonté).

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